Chez Air France, le mal de dos est dans toutes les têtes!

Au sein de la compagnie Air France, en matière de politique de sécurité au travail, la priorité est donnée à la lutte contre les accidents du travail, encore élevés dans de nombreux secteurs. De nombreux accidents avec arrêts s’apparentent à des troubles musculo-squelettiques. Le nombre de déclarations de lombalgies au sein de la société Air France est une préoccupation importante pour l’entreprise! En effet, 30% des accidents du travail sont dus à des douleurs lombaires.

Le secteur aérien se caractérise par des métiers à forte manutention manuelle, fonctionnant 24h sur 24h. Le travail est effectué dans un environnement où sont utilisés des engins spécifiques. Les «colis» se caractérisent par de grandes variations de poids et de volume. Chaque agent de piste manipule environ 4’000 tonnes de colis par année. Le nombre de journées d’arrêt de travail lié au dos décolle alors au même rythme que les avions sur la piste.

Air France lance donc des programmes de prévention inédits dus au nombre d’accidents.

Le programme intitulé PRADOS (Prévention des Accidents du Dos) est une approche globale de la prévention des lombalgies, intégrée dans la culture d’entreprise. La démarche regroupe au sein du comité de pilotage des acteurs pluridisciplinaires: médecins du travail, ergonomes, kinésithérapeutes, responsables de la sécurité.

Le programme vise à préserver la santé des salariés en luttant contre la cause majeure d’accidents : la lombalgie.
Le but? Améliorer les conditions de travail en identifiant les postes générateurs de lombalgie et pla-cer l’individu au coeur de la démarche en les formant à l’économie posturale.

Mais qu’est-ce que l’économie posturale ? Ceux sont les différents styles de mobilité exprimés par les agents. Avec les mêmes conditions d’organisations et d’activités à réaliser, les opérateurs n’ont pas la même posture.

Lorsque l’opérateur s’engage dans son activité, il la régule en fonction de la perception qu’il a de ce qu’on lui demande, de ses ressources disponibles. Cette régulation est très dépendante de l’expérience qu’a l’opérateur de son environnement de vie et de travail. En fonction de son expérience, l’opérateur exprime un geste qui est un compromis entre ces différents aspects. Lorsque ce geste impacte le moins possible la ressource de l’opérateur, tout en respectant les critères de pro-duction, on parle de geste économique, dont découle la notion d’économie posturale.

C’est pourquoi Air France forme ses salariés concernés par les tâches de manutention à l’économie posturale. Des leçons se déroulent dans un hangar près des pistes où les agents simulent les gestes de leur quotidien de travail devant un ergonome. Ce n’est pas des formations ponctuelles aux bonnes postures mais des stages réguliers en situation.

Le but est d’observer le geste des collègues, évaluer ses efforts, se faire expliquer la mécanique du dos. Pour les agents de pistes, ce programme relativement nouveau a pour objectif principal de soi-gner leurs postures.